Accessibilité

Accessibilité pour les personnes

ayant une déficience intellectuelle :
L'apport des Nouvelles Technologies

de l'Information et des Télécommunications (NTIC)

Les NTIC sont et seront soit un nouveau facteur d'intégration soit un nouveau facteur d'exclusion des personnes ayant une déficience intellectuelle[1].

Afin que les aspects positifs prédominent, il faudra que les produits et services dans ce domaine des NTIC satisfassent certaines conditions afin de faciliter leur accès par des utilisateurs ayant des difficultés d'apprentissage.

Nouvelles Technologies de l'Information et des Télécommunications (NTIC)

Les ordinateurs, les télécopieurs à domicile, les téléphones portables, les jeux vidéo, les cartes à puces, les distributeurs d'argent automatiques, les machines permettant d'acheter des billets de transports, les portes fermées avec des serrures numériques sont les plus visibles de ce que l'on continue d'appeler ”nouvelles technologies”, bien qu'elles soient passées en moins de dix ans de l'utilisation par des spécialistes à une utilisation grand public[2]. Ces technologies, parfois appelées ”numériques” ou ”digitales”, sont présentes dans pratiquement tous les domaines de la vie sociale et même de la vie privée. Nous sommes tous des utilisateurs de NTIC, souvent même sans le savoir. Nous le sommes aussi indirectement car de nombreuses applications de ces technologies se manifestent par des services nouveaux rendus possibles grâce à elles. Pensons aux services téléphoniques comme le rappel automatique, le signal d'appel pendant une conversation, le transfert d'appel, etc.

 

Les ordinateurs, les téléphones portables et les autres machines électroniques sont de plus en plus utilisés. Parfois sans que ça soit visible. On parle aussi de machines numériques pour ces inventions qui changent notre vie de tous les jours.

 

 

 

Cependant les transformations que les NTIC apportent aux activités courantes entraînent assez souvent des changements importants dans nos modes de vie. En effet, ces nouvelles technologies touchent à l'organisation de notre vie, au travail, à la maison et dans nos loisirs. L'automatisation conduit à remplacer par des machines nombre de fonctions auparavant exercées par des personnes[3]. L'utilisateur devient donc à la fois le maître des opérations mais aussi l'esclave des procédures rigides exigées par l'emploi de ces machines. Là où on demandais à un agent de la SNCF ”Je voudrais un billet aller retour Paris Lyon”, lequel vous demandait de préciser la date, l'heure, si on voulait un wagon fumeur ou non fumeur, on se trouve maintenant devant un écran proposant divers choix, dans un langage parfois peu compréhensible, avec des interactions très codifiées ne permettant pas l'à peu près des interactions avec une personne réelle.    

Malgré ce genre d'inconvénients, il faut bien reconnaître que les nouvelles technologies, avec parfois une période d'adaptation, apportent des progrès considérables même dans les actes de la vie courante, pensez par exemple à la facilitation apportée par la carte ”vitale” dans le traitement des visites médicales et l'achat des médicaments[4].

Quand on se sert de machines comme les ordinateurs, cela peut rendre plus faciles certaines choses. Parfois aussi cela peut les rendre plus compliqué. 

Il faut cependant rester attentif car les inventeurs de nouveaux produits oublient assez souvent de penser à tous les utilisateurs et en particulier à ceux dont les difficultés de compréhension rendent l'adaptation à de nouvelles techniques plus difficiles.

Que faudrait il donc pour rendre ces nouvelles technologies plus accessibles aux personnes ayant une déficience intellectuelle ? Il faut penser à ce qui pourrait rendre plus facile l'utilisation des produits et des services mais aussi à ce qui pourrait rendre plus intelligibles le résultat de l'utilisation de ces produits et services ainsi que le contenu des messages reçus.

PRODUITS ET SERVICES

  - Utilisation simplifiée des matériels et logiciels Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il va falloir disposer de systèmes et de logiciels extrêmement complexes[5] afin de rendre l'utilisation la plus facile possible. En effet, le système devra être capable de suppléer le manque de compréhension et de connaissances de l'utilisateur en offrant des choix simplifiés, prenant éventuellement des décisions à sa place. De gros progrès ont étés réalisés dans ce domaine. De nombreux programmes offrent une interaction intuitive avec la machine. Il y a toutefois des améliorations à faire car ce qui est intuitif pour une personnes non déficiente intellectuelle peut devenir très complexe pour une personnes qui a une déficience intellectuelle.
  - Adaptabilité aux différences de niveau Cette simplification va dépendre des capacités de chaque individu. Mes recherches dans le domaine de l'éducation assistée par ordinateur[6] m'ont amené à la conclusion qu'il ne manque que peu de choses pour rendre les NTICs accessibles : il faudrait simplement rajouter des possibilités de réglage des programmes pour les rendre plus lents ou pour rendre certaines interactions plus courtes ou agrandir les caractères imprimés à volonté, pouvoir transformer des mots en images, etc.  tout cela afin de personnaliser au maximum les échanges entre l'utilisateur et la machine.

  - Accès aux services facilité De nombreux nouveaux services sont rendus possibles grâce aux NTICs. Nous avons évoqué plus haut des services concernant la téléphonie, mais bien d'autres domaines sont concernés : le retrait d'argent, le payement par carte à puce, l'information en ligne sur le web, l'envoi de messages écrits (textos) sur un téléphone portable, etc. La plupart de ces services sont cependant assez peu faciles à utiliser. Il faut donc insister auprès des fournisseurs de service pour qu'il en simplifient les modes d'accès. Cela est possible en mettant un peu plus ”d'intelligence” dans les systèmes d'accès. Un autre effort doit être fait pour rendre plus sûre l'utilisation de ces services car ils peuvent avoir des conséquences graves si les personnes qui les utilisent n'en comprennent pas les risques. Cela peut bien sûr être prévu à la conception du produit[7].   

 

Il faut que les personnes qui inventent les ordinateurs et les autres machines modernes les rendent plus facile à utiliser.

 

CONTENUS


La simplification de l'utilisation des produits et services est une nécessité, mais elle n'est pas suffisante. En effet le but final n'est pas l'utilisation des produits mais l'amélioration de la qualité de vie qu'elle peut entraîner. Que faire de l'accessibilité à Internet, par exemple? Si les textes sont trop compliqués, si le vocabulaire est trop technique, si les illustrations sont trop abstraites, il ne servira à rien de pouvoir y accéder grâce à des produits faciles à utiliser.

Les contenus des services doivent impérativement suivre quelques principes de rédaction élémentaires :

Il faut aussi que l'information reçue à travers les ordinateurs ou les autres systèmes de communication modernes soit bien compréhensibles. Les spécialistes peuvent aller chercher des informations en plus s'il le veulent.

Il serait sans doute plus facile de développer des versions simplifiées des sources d'informations, avec la possibilité pour les spécialistes d'aller vers des pages plus techniques que de faire le contraire, c'est à dire de faire des pages pour les spécialistes avec la possibilité d'aller vers des pages plus simples. Dans le premier cas, les spécialistes ont en général les compétences pour retrouver le niveau d'information qui leur convient. Dans le second cas, on demande à une personne ayant des difficultés de compréhension de chercher où trouver ce qui peut l'intéresser. L'utilisation d'un symbole, par exemple tel que le pictogramme créé à la demande de l'UNAPEI, pourrait l'y aider. La démarche reste cependant plus complexe dans ce sens là que dans l'autre.

La première démarche, partant du simple pour aller vers le complexe, serait en outre utile à bien d'autres personnes que celles ayant une déficience intellectuelle : les enfants d'âge scolaire, les gens dont la langue n'est pas celle utilisée dans les documents et toute les autres personnes ayant, pour une raison ou une autre, des difficultés de compréhension[8].

Le rôle des associations de parents et d'auto-représentants

Malheureusement si peu de solutions sont offertes sur le marché. Est-ce seulement la faute des fabricants et des fournisseurs de services ? Les représentants des personnes ayant une déficience intellectuelle, parents ou auto-représentants, ont une part importante à jouer dans l'amélioration de l'accessibilité aux nouvelles technologies.

C'est à nous, parents et auto-représentants, de faire connaître nos besoins aux fabricants et fournisseurs de produits informatiques. 

Mieux comprendre les besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle

Avant de se lancer dans l'utilisation des produits et services liés aux nouvelles technologies, il faudrait essayer de mieux connaître les besoins réels des personnes ayant une déficience intellectuelle. Dans le monde moderne bon nombre de ces besoins feront appel à des technologies liées à l'informatique ou aux communications. C'est à nous alors de faire le lien avec ces technologies pour voir celles qui peuvent satisfaire ces besoins.

Nous devons en premier mieux connaître les besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle. Pour cela parler avec les auto représentants. Il faut aussi comprendre les besoins des personnes qui ne peuvent pas bien parler de leurs envies et de leurs difficultés

Il est évident que, comme pour toute autre personne, les besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle doivent tenir compte de ceux des autres personnes de l'environnement. Il peut s'agir de l'environnement au travail, dans le lieu de résidence ou dans la famille. Notons que certains des problèmes d'environnement peuvent être résolus grâce justement aux nouvelles technologies par leurs flexibilité et leur adaptabilité. Un petit exemple : une même console de jeux vidéo pourra servir à des centaines de jeux différents, permettant à chacun de satisfaire à ses besoins de distraction à son propre goût. 

Nous avons chacun nos besoins, nous voulons qu'ils soient satisfaits, mais il faut respecter les besoins des autres.  C'est également vrai avec l'utilisation des ordinateurs ou des téléphones portables, mais on peut plus facilement les adapter pour respecter tout le monde.

Faire connaître les besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle

Les fabricants de produits, les fournisseurs de services et de contenu sont soumis aux lois du marché. Ils développent leurs produits en fonction d'enquêtes s'adressant au grand public. Malheureusement il est très rare que soient consultées les personnes ayant une déficience intellectuelle ou leurs représentants. Il est donc important de faire connaître ces besoins à toutes ces catégories de fournisseurs[10] :

Il faut informer les inventeurs de nouveaux produits des besoins des personnes déficientes intellectuelles. Ils pourront fournir des produits mieux adaptés.

 

 

 

Faire connaître les possibilités des NTIC aux personnes ayant une déficience intellectuelle

L'UNAPEI a depuis de nombreuses années mis en place des clubs d'utilisateurs des nouvelles technologies ainsi que des formations destinées aux personnes concernées par la déficience mentale[12].

-            Pour accéder à de l'information On va rechercher des informations sur un sujet qui intéresse une ou plusieurs personnes, même si l'on connaît la réponse en tant que parent ou professionnel. Le but est de familiariser les personnes avec ces possibilités et à y avoir recours tout naturellement. Il y a bien sûr des sujet qui ne se prêtent pas à ces recherches sur Internet et qui demandent une approche plus affective dans la transmission de l'information. Il est clair qu'une technologie aussi avancée soit elle ne remplacera jamais la relation humaine.
- Pour communiquer Les sujet d'intérêt peuvent être partagés par des personnes qui n'habitent pas dans la même ville. Avec la facilité de pouvoir rédiger un message à son rythme, en corrigeant les erreurs, peut être même à l'aide de systèmes de communications alternatifs, les personnes ayant une déficience intellectuelle peuvent maintenant envisager de communiquer avec d'autres personnes, déficientes intellectuelle ou non, même avec des personnes parlant une autre langue, comme cela est possible avec ALDICT[13] qui mélange la communication par pictogramme et la communication par texte.
- Pour se distraire  Les périodes de temps libre sont parfois difficiles à vivre. Très souvent on propose aux personnes ayant une déficience intellectuelle des activités de groupe dans le but de la socialisation. But louable, bien entendu, mais ces personnes veulent elles toujours vivre en groupe ? N'ont elles pas droit à une vie privée avec des loisirs qui leurs soient personnels ? En encadrant ces activités afin d'éviter des comportements obsessionnels, de nombreuses possibilités sont ouvertes par l'utilisation de l'ordinateur, relié à Internet ou non. Les jeux vidéo offrent aussi des modes de détente personnalisés.

Beaucoup de personnes déficientes intellectuelles, de parents et de professionnels ne connaissent pas bien les possibilités des ordinateurs et des autres systèmes de communication.

La formation est importante pour tous. Ces produits qui peuvent rendre la vie plus agréable. Cela peut permettre d'être mieux intégré avec les autres personnes.


Éviter un enfermement

Utiliser tous les moyens pour relier l'utilisation des NTIC aux activités de la vie courante afin d'éviter un enfermement[14]. Les nouvelles technologies ne doivent pas devenir un but mais rester un moyen d'accès aux activités de la vie courante.

Autant on pourra se servir de l'exploration des sites consacrés aux musées ou tout autre lieu, pour préparer la visite de l'un d'entre eux[15], autant faudra-t-il éviter de se limiter à une visite virtuelle et aller voir sur place, quand cela est bien sûr possible. L'impossibilité de faire une visite réelle, soit à cause de la distance soit à cause de difficultés d'organisation peuvent être une bonne raison d'utiliser la visite virtuelle.

Au retour d'une visite ou d'un voyage, on pourra se servir des technologies modernes pour enregistrer ses expériences afin de s'en souvenir plus tard[16], de les raconter aux autres et même de les partager avec des amis éloignés en leur envoyant les histoires, les photos et même des bouts de vidéo par internet.

Les jeux simulés sur l'écran vidéo peuvent parfois être utilisés pour apprendre les règles avant de les pratiquer dans la réalité[17]. Dans ce cas, le passage par la version du jeux simulée sur ordinateur constitue une aide à l'intégration future dans la vie réelle.

Nous ne devons pas rester trop longtemps à travailler ou à nous amuser sur l'ordinateur. Les ordinateurs et les autres moyens de communication modernes doivent nous permettre de faciliter nos activités dans la vie de tous les jours.

Avec ces inventions, on peut préparer un voyage ou une visite. Plus tard on peut plus facilement la raconter. On peut l'envoyer à des amis ou à la famille.

Dans tous les cas, rappelons nous toujours qu'il faut partir des besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle et ensuite seulement, de voir si ces besoins peuvent ou non être satisfaits par les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Dans trop de cas les priorités ont été inversées : on a acheté un ordinateur puis on s'est demandé ce que l'on pouvait bien en faire… Cela a généralement conduit à des échecs retentissants.

Paul Tréhin

Administrateur de l'UNAPEI



[1] Ce problème s'est posé avec l'apparition de toutes les avancées scientifiques ou technologiques. Les NTIC le posent toutefois d'une manière plus aiguë pour deux raisons : 1/ elle ont des implications au delà du remplacement de la force physique pour atteindre des fonctions proprement intellectuelles; 2/ elles se répandent dans la société à une vitesse vertigineuse. Une excellente analyse de ce débat a été faite par Yves Lafargue dans son livre ”Technomordus Technoexclus ?” publié en 2000 aux Editions d'Organisation.

[2] Au cours de dix dernières années, les interfaces graphiques ont permis une utilisation particulièrement simplifiée des systèmes informatiques par rapport à ceux qui étaient disponibles il y a une quinzaine d'années où il était nécessaire d'être programmeur pour se servir d'un ordinateur personnel. L'accès aux communications en réseau étaient encore plus complexes. Aujourd'hui, on peut accéder à des millions de pages d'information sans connaître aucun langage de programmation, rien qu'en pointant sur des images avec la ”souris”.

[3] Quand certaines de ces fonctions sont encore réalisées par des hommes, elles se sont complexifiées et sont devenues inaccessibles aux personnes ayant une déficience intellectuelle sans une formation spécifique liée aux NTIC. Par exemple les photocopieurs modernes intègrent des fonctions avancées demandant de savoir les programmer.

[4] Le système de la carte ”Vitale” a été généralisé en France pour faciliter les opérations de règlement des frais de soins médicaux et des médicaments par la sécurité sociale. La carte permet de transmettre automatiquement le dossier à l'assurance maladie et ainsi d'effectuer les remboursements directement aux patients.

[5] La recherche actuelle, sous le vocable ”Intelligence Artificielle” vise à rendre les interactions homme machine les plus naturelles possible.  La puissance des nouveaux produits (plusieurs milliers de fois supérieure à celle des produits existant il y a vingt ans) permet d'envisager des systèmes capables de s'auto adapter aux besoins individuels des utilisateurs. Des systèmes à base de reconnaissance de la parole permettent de donner des ordres aux machines programmées à cet effet. Pour les personnes ayant une déficience intellectuelle qui n'ont le plus souvent pas acquis les capacités de lecture et d'écriture, ce genre de fonctionnalités ouvre de nombreuses possibilités.

[6] J'ai écrit de 1985 à 2001 de nombreux articles sur ce sujet, plus particulièrement dans le domaine de l'autisme mais pas exclusivement. Il y a de nombreuses possibilités de rendre les NTIC plus accessibles aux personnes ayant une déficience intellectuelle, mais la plus immédiatement réalisable par les fournisseurs de produits, de services et de contenu est de rendre paramétrable les interfaces utilisateurs. Cela veut dire pouvoir agir sur les interactions entre la personnes et le programme gérant l'utilisation des produits, services et contenus pour que l'accès en soit facilité au niveau des temps de réponse et de réaction, au nombre de choix proposés, au remplacement de certaines sections par des modes imagés de communication, avec éventuellement la possibilité de personnaliser au maximum ces images, jusqu'à utiliser des photographies des personnes, objets ou lieux familiers aux personnes concernées.

[7] D'une manière générale, c'est au moment de la conception des produits qu'il faut intervenir pour rendre ces derniers accessibles. A ce niveau, les modifications exigées ne coûtent souvent pas très cher. Une modification à postériori de produits non prévus pour l'accessibilité aura souvent un coût prohibitif. A titre d'exemple, savez vous que tous les claviers d'ordinateurs ont un dispositif permettant aux personnes non voyantes de se repérer ? Les lettres ”F” et ”J” ont sur tous les claviers une petite marque sensible au toucher. Les claviers standard n'en coûtent pas plus cher pour autant.  S'il avait fallu créer une ligne de produits spécifique pour les personnes non voyantes, les claviers de cette ligne spéciale coûteraient probablement dix fois plus cher.

 

 

[8] Cette idée que l'adaptation des produits aux besoins des personnes handicapées peut servir à un public beaucoup plus large doit être constamment rappelée. L'exemple le plus connu est celui de la télécommande pour la télévision qui avait été inventée à l'origine, pour les personnes à mobilité réduite…

[9] On qualifie parfois ces systèmes de communication d'augmentatifs. Il utilisent intensément les technologies électroniques et numériques. Une littérature abondante existe sur ce sujet. La Fondation Suisse pour les Téléthèses (http://www.fst.ch/) ou le centre de Kerpape (http://www.kerpape.mutualite56.fr/) en France sont très en pointe dans ces aides dans ce domaine. En langue anglaise voir le site ”Center for Accessible Technology” (http://www.cforat.org/).

[10] L'UNAPEI a établi des partenariats avec des fabricants d'ordinateurs ainsi qu'avec des opérateurs de services télématiques. Avec ses partenaires l'UNAPEI organise annuellement un concours de projets liés aux utilisations des nouvelles technologies par les personnes ayant une déficience intellectuelle. Elle a en outre favorisé toutes les recherches en vue d'améliorer l'accessibilité à ces technologies pour les personnes ayant des déficiences intellectuelles. Pour plus de renseignements sur ces sujet, voir le site web de l'UNAPEI à la page ”nouvelles technologies” : http://www.unapei.org/html/ServiceNT.html

[11] Ceci est particulièrement vrai des programmes éducatifs pour adultes où quand on trouve un programme adapté au niveau des sujets abordés, le contenu est hors de portée des capacités cognitives des personnes ayant une déficience intellectuelle. Quand ces programmes sont adaptés aux compétences, ils sont alors en général écrits pour de jeunes enfants et le contenu est alors mal adapté aux centres d'intérêt d'un adulte.

[12] l'UNAPEI a créé à cet effet un club ”nouvelles technologies” dont les ateliers sont destinés à familiariser les personnes ayant une déficience intellectuelle ainsi que leurs accompagnateurs avec l'utilisation pratique des ordinateurs et autres systèmes numériques.

[13] Pour plus de précisions sur le programme ALDICT voir le site web : http://www.inclusion-europe.org/aldict/

[14] Il s'agit d'une crainte souvent exprimée par les parents ou les professionnels. Il ne faut bien entendu pas l'ignorer. Cependant de nombreuses utilisations des nouvelles technologies peuvent permettre d'éviter d'autres enfermements plus gênants pour la socialisation des personnes ayant une déficience intellectuelle. Faute d'une attention soutenue lors des périodes de temps libre, ces personnes peuvent se renfermer dans des activités stéréotypées. Bien gérés, les jeux vidéo ou l'accès à Internet peuvent au contraire être une source de socialisation et d'intégration. Dans le premier cas en provoquant des échanges entre elles, des discussions sur les jeux ou les sites Internet visités. Pour l'aspect intégration, les personnes vont avoir des activités semblables à celles de tous les jeunes de leur âge et donc pouvoir avoir des intérêts communs.

[15] Cette préparation permet entre autres de choisir les salles que l'on ira visiter, en fonction des intérêts des personnes mais aussi en tenant compte de la plus grande fatigabilité des personnes ayant une déficience intellectuelle. Cest dernières risqueraient de se lasser de la visite avant même d'être arrivé à la salle du musée où de trouve justement ce qui les intéresse…

[16] L'ordinateur comme moyen d'expression a divers avantages sur la plupart des autres moyens. Il permet de s'exprimer à son propre rythme, de corriger quant on a fait une erreur, de rajouter des paragraphes à posteriori, de les déplacer si on a inversé une séquence. On peut également créer des documents ”multimédias”, c'est à dire comprenant du texte, de la voix, des images. On peut enfin les imprimer pour en garder une trace ou les envoyer à un correspondant éloigné. Pour les sujet les plus intéressants  on peut enfin en rassembler les éléments dans un site web, ce qui rend cette information accessible à un public beaucoup plus large.

[17] Dans mes conférences et cours sur ce sujet, on m'a souvent fait la remarque suivante : ”Pourquoi ne pas aller directement sur le terrain pour apprendre ces règles ? ” C'est que bien souvent, cet apprentissage directement sur le terrain peut être une source de rejet social. Les comportements inadaptés, voire les troubles du comportement peuvent influencer négativement dès le début l'expérience d'intégration sociale. Prenons l'exemple de base du football, jeux populaire chez les jeunes garçons s'il en est un. Si un enfant ayant une déficience intellectuelle ne comprend pas les règles et va complètement à l'encontre du jeux, les autres enfants ne voudrons plus jouer avec lui par la suite. Je vous laisse le soin de trouver vos propres exemples pour concrétiser cette idée.